” Notre premier combat, nous l’avons mené contre une section CFDT afin d’obtenir l’ouverture de chambres mixtes. “ Nous sommes au milieu des années 70, ­Pascal Bretonnière partage sa chambre avec François Chérèque dans une école de la région parisienne, où les deux compères suivent une formation d’éducateur. Ils sont jeunes, célibataires mais d’autres camarades sont déjà en couple et ne comprennent pas bien pourquoi ils doivent faire chambre à part. ” Nous avons été élus par les autres élèves et obtenu de la direction un arrangement, au grand dam des représentants CFDT en place qui nous considéraient comme des vendus pour avoir eu le toupet d’engager des négociations, s’amuse Pascal. Nous étions déjà des réformateurs soucieux d’agir sur la réalité. “

Cette anecdote résume parfaitement François : de l’énergie et un engagement sans faille pour faire bouger les lignes, agir concrètement afin d’améliorer le quotidien des étudiants, puis, très vite, des salariés, des populations précaires et des jeunes, sans se soucier des postures et des idéologues de tous bords. “ Je voulais changer le monde et ses injustices. J’avais en moi une agressivité forte et un besoin de rupture “, écrivait-il en 2005 dans son livre Réformiste et impatient ! Pourtant, lorsqu’il voulut adhérer à la CFDT, ce fils de dirigeant de la CFDT* a dû s’y reprendre à trois fois car des militants trotskistes le considéraient comme un collaborateur de classe. ” Je fus définitivement vacciné contre toute idéologie dite révolutionnaire. “

C’est dans les Alpes-de-Haute-Provence, à l’hôpital de Digne-les-Bains où il s’occupe d’enfants autistes, qu’il fera finalement ses premières armes syndicales. Très vite, son énergie au travail ne passe pas inaperçue de ses collègues et de la CFDT, qui lui confie les rênes du syndicat puis de l’union départementale. _” Il était assez méthodique.

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