Vous êtes secrétaire départementale du syndicat CFDT des territoriaux et vous entamez une campagne contre le “ fonctionnaire bashing “, le dénigrement des fonctionnaires. Avez-vous l’impression que ce phénomène s’accroît ?Cela fait quelques années que l’on s’en rend compte et depuis la primaire de la droite, tout le monde s’est un peu lâché. Il y a un véritable travail de sape contre les fonctionnaires. On leur reproche beaucoup de choses : ils ne travaillent pas assez, ils ont la sécurité de l’emploi à vie, ils sont trop nombreux, ils augmentent la dépense publique, ce sont des privilégiés, etc.

Que répondez-vous à ces accusations ?On ne peut que se sentir mal à l’aise quand on entend dire que le redressement du pays passe par une purge de la fonction publique. En France, nous avons 80 fonctionnaires, territoriaux ou d’État pour 1 000 habitants contre 70 aux États-Unis. Le différentiel n’est pas si important. Dans les pays nordiques, le chiffre est bien plus élevé. On dit aussi que nous avons un taux d’absentéisme élevé. En 2015, il était de 8,27 % pour la ville de Belfort contre 9,3 % pour la moyenne nationale. Nos services sont indispensables, de la naissance au grand âge. Nous devons donc maintenir un service de qualité. Il faut sarrêter avec les clichés sur le manque de compétences, la fonction publique s’est de plus en plus professionnalisée.

Combien la municipalité de Belfort compte-t-elle d’agents territoriaux ?Nous sommes 888, le Grand Belfort en compte environ 500 et le conseil départemental à peu près 840.

Les fonctionnaires de la ville, que vous connaissez particulièrement, entendent-ils des réflexions désagréables ?Bien sûr. On peut être malmenés par le public, mais aussi la hiérarchie, les élus, les collègues. En 2015, nous avons mis en place une fiche alerte orange pour alerter la directrice des ressources humaines sur tous les dysfonctionnements constatés.

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